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jeudi 3 mars 2011

FILMS DE FAMILLE II Baptêmes Juillet 2009



"Et aussitôt Venise et Saint-marc qui n'étaient plus pour moi que ces images desséchées, minces, ces
images
purement visuelles, ces vues en lesquelles nous transformons les choses que nous avons vécues et
percues
à la fois avec tous nos sens et qui du même coup s'extériorisent si bien, se détachent si parfaitement
de nous,
se dépouillent si bien de nos vies que nous pouvons croire les avoir regardées seulement dans un
album
ou dans un musée, Venise et Saint marc, comme ces graines gelées pendant des années et qu'on
croyait inerte
et qui tout d'un coup exposées à des effluves humides se remettent à germer, se prolongèrent de
toutes les sensations
de chaleur, de lumière, de miroitement, de promenade sur mer dans le moyen âge que j'éprouvais en me faisant conduire tous les jours par la gondole sur les eaux printanières, dans le baptistère si frais où ma mère jetait un châle sur mes épaules. la place s'ajoute à l'église, le débarcadère à la place, le canal au débarcadère, et à ce que mes yeux voyaient tout le couloir de désirs, de sensations diverses, de vie au bout duquel et en profondeur nos yeux voient une image de la réalité."
Marcel Proust, brouillon pour Le Temps retrouvé (extrait de Proust et la photographie. La résurrection de Venise de Jean-François Chevrier)

"pauvre gosse, la vie va pas être facile pour elle maintenant, pensa-t-il au milieu des bulles vertes."
William Faulkner, Frankie et Johnny


mercredi 23 décembre 2009

KLASDORF 6 août 2009






« le plaisir du bois de pins. 7 août 1940. »


« parlons simplement : lorsqu’on pénètre dans un bois de pins, en été par grande chaleur, le plaisir qu’on éprouve ressemble beaucoup à celui que procurerait le petit salon de coiffure attenant à la salle de bains d’une sauvage mais noble créature. Brosserie odoriférante dans une atmosphère surchauffée et dans les vapeurs qui montent de la baignoire lacustre ou marine. Cieux comme des morceaux de miroirs à travers les brosses à longs manches fins tout ciselés de lichens. Odeur sui generis des cheveux, de leurs peignes et de leurs épingles. Transpiration naturelle et parfums hygiéniques mélangés. Laissées sur la tablette de la coiffeuse, de grosses pierres ornementales par-ci par-là, et dans les cintres ce pétillement animal, ce million d’étincelles animales, cette vibration musicale et chanteuse. »

« Variante.
Vers 3e : Du corps étincelant sorti de la baignoire
Vers 5e : rien ne reste… »

Francis Ponge. Extraits du " Carnet du bois de pins".

ISTANBUL MAI 2009





ce ciel vu du bosphore, le bosphore vu du ciel... et le ciel vu du ciel.